



01 Le Secret de Brokeback Mountain
(Ang Lee)
Avec deux acteurs au poil dont l’un m’avait déjà bien plus dans "Jarhead", une mise en scène remarquable, des décors naturels à couper le souffle, Ang Lee que l’on avait pas connu à pareille fête
jusqu’à alors, livre un film et un mélo bouleversant sur la passion fusionnel de deux êtres que tout sépare (famille, travail, époque, distance) et qui réussissent malgré tout à se voir en
prétextant à leur femmes respectives des parties de pêche en montagne, dans les décors sauvages de "Brokeback Mountain". Un grand film et une grosse claque dans la gueule à une Amérique rétrograde,
le stetson bien vissé sur la tête
02 Cœurs
(Alain Resnais)
Le film met en scène les acteurs fétiches de Resnais (avec en plus Isabelle Carré, toujours aussi éblouissante) dans un univers urbain, en hiver. On y découvre des personnages qui se croisent, se
rencontrent, se cherchent dans des intérieurs magnifiquement éclairés et filmés : Un bar d’hôtel, des appartements vides, une agence immobilière… Au centre du film : la difficulté de communiquer,
les petits secrets de l’âme (son côté mystique), ou la mort sont exprimés avec une élégance rare et une éblouissante maîtrise, que ce soit dans la mise en scène (ah cette neige et cette lumière !),
dans les dialogues ou le jeu des acteurs ici filmés et dirigés comme rarement. Sans doute le meilleur film de Resnais depuis les splendides "Smoking"/"No Smoking".
03 A bittersweet life
(Kim Jee-Woon)
Voilà un petit polar coréen comme je les aime !! Entre modernité et tradition. Entre Melville et Tarantino, le réalisateur du déjà très intéressant "2 sœurs" propose un film noir très stylisé où
romantisme et action font bon ménage. Une histoire de yakuzas, de vengeance, mais d’amour aussi avec des vrais morceaux de méchants dedans, le tout filmé magistralement (mise en scène, photo, tout
est nickel !). Certes c’est très sanglant et plutôt violent par moment, mais jamais pervers ni malsain et finalement ça se regarde assez facilement. Bref, du très bon cinéma.
04 Libero
(Kim Rossi Stuart)
Un père immature délaissé par une femme volage qui préfère aller courir les hommes plutôt que de jouer à la maman avec ses deux enfants, voilà en gros la trame de "Libero", un film plus que
touchant (oui on peut dire bouleversant !) sur l’enfance d’une jeune garçon de 11 ans, Tommi, qui vit avec son père et sa sœur dans un appartement en désordre. Face à ce père déboussolé,
caractériel et au bout du rouleau, le gamin essaie de surnager... On pense un peu au jeune Antoine Doinel dans "Les Quatre Cents Coups" mais surtout on est épaté par cette propension qu’à Kim Rossi
Stuart à faire passer autant d’émotions dans les sentiments familiaux exprimés à l’écran, sans jamais tomber dans la lourdeur ni le pathos. Très belle surprise !
05 Black Book
(Paul Verhoeven)
Sur ce fond historique et inspiré d’une histoire vraie, Paul Verhoeven réussit un film d’aventure, d’espionnage, romanesque au plus haut point avec des bons, des méchants, des traîtres, de
l’amour… et tout ce qui fait un grand film de cinéma populaire comme on voit de plus en plus rarement dans le cinéma actuel. Le film est superbement mis en scène, avec une reconstitution très
riche, un scénario en béton, une sensualité très "Verhoevenienne", une fluidité narrative et une intensité dramatique tellement impressionnantes que les 2h25 que durent le film passent en un rien
de temps.
06 Bubble
(Steven Soderbergh)
Une Amérique d’aujourd’hui, loin de l’American way of life et du mythe américain, "Bubble" de Steven Soderbergh raconte la vie ordinaire de gens de là-bas, entre boulot (ici une fabrique de
poupées), télé et bouffe dégueu. Si l’on pense très vite à "Lonesome Jim" de Steve Buscemi, dans la manière de monter les américains dans leur misère (précarité dans le travail, pas de sécu, vie
dans des mobile-home…), le film prend une autre direction après le meurtre et offre ce que le cinéma indé sait faire de mieux : un film ramassé, âpre, concis, à hauteur d’homme et foncièrement
passionnant.
07 La raison du plus faible
(Lucas Belvaux)
La raison du plus faible c’est celle qui consiste pour des gens comme vous et moi, poussé par le chômage, le désespoir et la rage, à aller braquer le coffre de l’usine d’à coté pour récupérer un
million et ainsi sortir de leur misère sociale et humaine. Film engagé, révolutionnaire et utopique, montrant l’abrutissement du travail à l’usine, la lutte des classes… rappelant ainsi certains
films des années 70 et une idéologie totalement disparue, La raison du plus faible, malgré son coté parfois un peu didactique, est un polar social efficace, qui fait du bien dans un cinéma où ce
genre de film n’est quasiment plus représenté. Un film sombre, radical et fort qui vous claque bien le cerveau.
08 Le pressentiment
(Jean-Pierre Daroussin)
L’histoire toute simple d’une avocat au barreau de Paris, qui, un beau jour, décide de quitter le milieu bourgeois auquel il appartient pour aller vivre solitaire et anonyme parmi les "petites
gens" d’un quartier populaire de Paris. De ce changement de vie et des conséquences qui en découlent, Daroussin fait un film attachant, à la mise en scène sobre mais impeccable. Pas manichéen pour
deux sous, le film dresse le portrait de gens comme tout le monde avec leurs qualités et leurs défauts, et réussit au final un beau tableau dans lequel le personnage interprété par Daroussin
lui-même, en manque de repère, tiraillé de toutes parts, tente, tant bien que mal, de naviguer. Premier film et coup de maître pour Jean-Pierre Daroussin !
09 La vérité nue
(Atom Egoyan)
Retrouver Atom Egoyan au cinéma c’est toujours un vrai plaisir. Et même si ce dernier n’est pas le chef d’œuvre qu’à pu être en son temps De beaux lendemains, La vérité nue reste malgré tout un
excellent film, solide, tordu, à la sensualité à fleur de peau, avec des filles superbes, construit sur des allers et retours passé/présent. Un film porté par une histoire bien ficelée, de très
bons acteurs, une mise en scène au poil, des lumières superbes... bref un très bon divertissement en forme de thriller, finalement pas très loin par moment de Scorsese. Un film noir, passionnant,
sur le show-biz, les stars de télé et leur face cachée. Bref du très bon cinéma pour un grand réalisateur.
10 je vais bien, ne t'en fait pas
(Philippe Lioret)
Le film raconte ne histoire banale de père qui s’engueule avec son fils et qui tourne à la fugue. Sauf que là le fils est majeur et que la seule solution pour le revoir s’est d’attendre son retour.
Ce à quoi ne veut se résoudre sa sœur jumelle qui se laisse mourir de faim, croyant que ce dernier et mort ; jusqu’au jour où….
Philippe Lioret réussit un film touchant, émouvant, bouleversant et superbement interprété par la plupart des acteurs, à commencer par la magnifique Mélanie Laurent ; un film qui tient plus par le
suspense qu’entretient son scénario plutôt que par l’étude psychologique des personnage qui au final ne dévoilent pas grand chose.
10 April snow
(Jin-Ho Hur)
April snow est un film sur la relation dans le couple. Comment envisager l’avenir quand vous venez d’apprendre que votre femme se retrouve dans le coma suite à un accident de la route…en compagnie
de son amant. Doit on la laisser seule face à son triste sort ou bien lui pardonner et l’aider à retrouver sa vie d’avant ? C’est la trame de ce joli mélo coréen qui met en scène deux couples :
l’un, adultère et hospitalisés et l’autre, leurs conjoints respectifs, qui vont se rencontrer à l'hôpital et entretenir une étrange relation. Sans lourdeur, sans pathos, avec légèreté et par le jeu
tout en retenue des deux acteurs, le film offre un beau moment d’intimité au cinéma. Un film où les dialogues sont peu nombreux, mais ou tout est dans le non-dits, les gestes, les regards, les
attitudes… un peu comme dans "In The Mood for Love". Bref, un chouette film !



