
Pas forcément le plus connu des films de Don Siegel (”L’Evadé d’Alcatraz”, “Les proies”…), “Tuez Charley Varrick !” est sorti en 1973 juste après son plus fameux film “Dirty Harry”.
Dans Tuez Charley Varrick !, Don Siegel met en scène trois petits malfrats : un vieux looser (Charley Varrick) sa copine et une petite frappe sans cervelle (Andrew Robinson… vous avez le fameux Scorpion ennemi de Clint Eastwood dans “Dirty Harry”) qui décident de braquer une banque d’une bourgade paumé du Nouveau Mexique. Le braquage tourne mal et ce qui devait être un banal hold-up se révèle être un sacré sac de nœuds, puisque sans le vouloir, Charley Varrick et ses complices ont dérobé de l’argent destiné à la mafia. S’en suit alors une chasse à l’homme menée conjointement par la police et une tueur à gages, tous bien décidés à faire la peau ce bon vieux Charlie.
Si le dispositif rappelle évidemment le “No Country For Old Men” des frères Coen, le personnages présentés ici se révèlent, contrairement au film des Coen, beaucoup plus attachants et suscitent
très vite l’empathie du spectateur.
De cette lutte pour l’argent et contre la mort, Don Siegel tire un scénario remarquable, porté par une mise en scène sèche et directe, entièrement dédiée à l’action et qui
offre à Walter Matthau (Charley Varrick) un rôle un or, celui d’un vieux renard sentimental et attachant qui, quasiment tout seul, va tenter de se sortir de l‘étau qui se
referme petit à petit sur lui.
Appuyé par la musique d’un Lalo Shifrin alors au sommet de sa gloire (”Mission impossible”, “Dirty Harry”), le film avait pourtant tout pour devenir culte pourtant le public en
décidera autrement…
La ressortie aujourd’hui de “Tuez Charley Varrick !” aura au moins deux atouts : d’abord nous proposer un film de Don Siegel rarement voire jamais diffusé à télé et ensuite (si
besoin était) nous montrer à quel point Siegel, décédé en 1991, était un réalisateur doué pour faire du divertissement d’action de haute tenue.
Un film à découvrir de toute urgence !
Bonus :
Présentation du film par le réalisateur Alain Corneau
Bande annonce originale
Galerie photos
Nancy, L’autre canal, samedi 29 mars 2008
Depuis l’annonce de sa participation à l’eurovision, la curiosité ne cesse de grandir autour de Sébastien Tellier, personnage charismatique au look singulier qui était de passage à Nancy ce samedi 29 mars 2008 pour un concert, avec en premier partie les français de Principles of Geometry. L’occasion de se vérifier si Sébastien Tellier est bien le gars le plus cool de la pop française.
En guise d’apéritif c’est donc le trio Principles of geometry (auteur de deux albums remarquables sur le label Tigersushi) qui ouvre le bal avec leur électro breakbeat sombre, en ligne directe avec les musiques de films de John Carpenter auxquelles le groupe emprunte des sonorités, mais aussi quelques plans, dans un set appliqué plutôt bien fichu. Le trio se présente sur scène dans une formule assez simple mais assez habituelle pour ce genre de musique, à savoir un clavier, un laptop… et une batterie. Malgré le côté assez austère du truc, le groupe arrive, notamment par l’apport de la batterie qui donne un petit coté “krautrock” au set, à donner une réelle intensité à l’ensemble des morceaux joués ce soir-là.
Le plat de résistance, j’ai nommé le grand Sébastien Tellier, arrive quelques minutes après, accompagné de deux musiciens entièrement dédiés aux claviers (synthés, piano
électriques…). Démarrant en douceur et guitare en bandoulière avec “Kilometer” (second titre de” Sexuality”), le barbu va ensuite enchaîner titres phares de son répertoire (”la ritournelle”,
“la dolce Vita”…), et bien sûr morceaux du dernier album qui, à chaque fois, déclencheront l’hystérie collective et principalement celle de la gente féminine qui s’est déplacée en masse pour
acclamer le beau Séb.
Extrêmement décontracté, Sébastien Tellier a vite fait de gagner l’adhésion du public, le temps de balancer quelques vannes (assez drôles) dans un registre humoristique, à la
fois absurde et totalement improvisé qui rappelle un peu les frasques d’Edouard Baer et que le public semble apprécier.
Totalement en nage sur la fin, Tellier finira même pas tomber le pull sur la demande express de quelques groupies surexcitées, laissant apparaître une bonne bedaine, sans doute
le résultat de 15 années “sans faire de sport” comme il l’avouera à un moment entre deux titres.
Mais le temps fort du spectacle arrivera sur la fin avec l’interprétation de “la Ritournelle” puis de deux des titres les plus réussis de “Sexuality”, à savoir “l’Amour et la Violence” et “Sexual Sportswear”. Saisissant.
On quitte alors la salle avec l’impression de s’être presque fait un copain, un type qui fonctionne en permanence sur le décalage qui existe entre ses romances pop aux textes futils et le côté
“bonhomme” du personnage qui a aucun moment ne semble se prendre vraiment au sérieux.
Avec son humour, sa présence de crooner, son sens de la mélodie incroyable, Sébastien Tellier est en en train de devenir notre Burt Bacharach national… en
attendant les paillettes de l’eurovision qui pourraient, pourquoi pas, lui réserver une belle surprise.
Après trois albums majeurs, aussi novateurs qu’atypiques dans la chanson française et qui chacun à leur manière ont marqué leur époque ("Chatterton" 1994, "Fantaisie Militaire" 1998 et "L’imprudence" 2002), Alain Bashung revient en 2008 avec quelque chose de plus classique, qui nous ramène à une époque antérieure et qui voit le strasbourgeois s’essayer à de nouvelles collaborations.
Après "L’Imprudence", qui reste à ce jour l’œuvre la plus exigeante et la plus impressionnante de Bashung, il paraissait presque naturel de retrouver le garçon sur un format plus traditionnel, comme un retour aux sources, un retour à ce qui a fait son style à une certaine époque. Plus pop, plus accessible donc que ses prédécesseurs, "Bleu pétrole" voit Bashung confier la plupart de ses titres aux nouveaux venus que sont Gaëtan Roussel, Joseph d’Anvers, Armand Méliès et Gérard Manset.
Plus directs que ceux de Jean Fauque, avec qui il a travaillé durant plusieurs années, les textes de "Bleu Pétrole" restent malgré tout marqués du sceau "Bashung", qui avec cette sa voix sans égal a prouvé maintes fois par la passé qu’il était capable d’apprivoiser n’importe quel chanson de répertoire. C’est encore une fois le cas avec "Il voyage en solitaire" (Manset) et "Suzanne" (Lénorad Cohen) deux reprises soignées mais sans passion qui viennent clôturer un album placé sous le signe du blues-rock et du folk.
Album immédiat, "Bleu Pétrole" sera donc à ranger plutôt à coté d’"Osez Joséphine" que de "Fantaisie Militaire". Et même s'il n’est pas le chef-d’œuvre annoncé (comme on a pu le lire ailleurs), il n’en reste pas moins un album de haute tenue.
Bashung "Vénus" en écoute :
label : Barclay/Universal - 2008
sortie : 25 mars 2008
le site officiel d'Alain Bashung
www.myspace.com/alainbashung

Est ce l’effet de l’excellente série "Deadwood" ou pas ? mais voilà qu’en moins de 6 mois deux très bons westerns ont eu droit de cité sur nos écrans. Et même si ce "3h10 pour Yuma" n’a a pas la force et l’ambition du fabuleux "L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford", il n’en reste pas moins un solide divertissement que l’on ne lâche pas pendant deux heures.
"3h10 pour Yuma" met en scène un dangereux criminel capturé et qui doit être conduit sous bonne escorte jusqu’au train qui le mènera vers sa prison à Yuma.
Un pauvre paysan a accepté de convoyer le bandit en échange d’une forte somme d’argent afin d'éponger les detets de sa famille. De cette situation va naître un duo, une confrontation virile entre deux hommes que rien ne pourra arrêter.
Adaptation d’un classique de Delmer Daves de 1957, "3h10 pour Yuma" est une vraie réussite. Car James Mangold, décidément très bon réalisateur (après le chouette "Walk The Line") réussit une fois encore un film plaisant, bien équilibré... un film de divertissement de haute tenue, sans lourdeur, où aucun acteur ne semble vouloir tirer la couverture à soi. Christian Bale et Russell Crowe n’en font jamais trop, les décors sont magnifiques, l’action est permanente, tout ça est filmé avec grâce et nous, spectateurs, on passe un très bon moment. Que demander de plus ?

Ce n’est en tout cas pas ce que vous apprendra le passionnant documentaire "Traders et boursicoteurs" de Joseph Confavreux et Vanessa Nadjar diffusé ce vendredi dans l’émission Sur les Docks.
L’affaire de la Société Générale et de son Jérôme Kerviel nous a révélé (au cas où on l'aurait oublié) que la bourse était un grand chateau de cartes prêt à s’effondrer au moindre gros coup de vent. "Traders et boursicoteurs" nous plonge au cœur de ce monde à part où joueurs invétérés et petits épargnants se côtoient avec la même ambition : gagner toujours un peu plus de fric. Quelque soit la méthode.
Entre ceux qui ont perdu beaucoup et ceux qui gagnent bien, l’émison fait un petit état des lieux des gens qui fréquentent la bourse.
> la page de l'émisison
> le lien pour le podcast
> pour podcaster comme un chef toutes les bonnes émissions du service public

Voilà c’est fini, Deaedwood a rendu son dernier soupir et pourtant rien n’est vraiment fini. Pas de chute finale, pas d’épilogue, juste "to be continued"… sauf qu’il n’y aura rien à suivre, et même les deux téléfilms envisagés un temps ne seront pas tournés a récemment fait savoir la chaîne HBO, les comédiens et le créateur de la série étant tous partis sur d'autres projets.
Mais Deadwood restera comme la meilleure série contemporaine produite ces dernières années…
- Parce que le casting était royal Timothy Olyphant (Seth Bullock) et Ian McShane (Al Swearengen) en tête !
- Parce que la mise en scène, souvent le parent pauvre des série était en tout point remarquable
- Parce que contrairement à deux nombreuses séries qui remplissent leurs scénarios et leurs épisodes de séquences annexes sans interêt pour l’histoire et qui nont que pour effet de ralentir le rythme, Deadwood ne dévie jamais de son but, et va toujours à l’essentiel : servir l'histoire.
- Parce que les dialogues, bien que remplis de "fuckin’…" ou de "putain de…" (en VF) étaient magistralement écrits.
Bref, un petit chef-d'oeuvre en 3 temps que l'on est pas prêt d'oublier.
On espère maintenant que David Milch n’en restera pas là et qu’il montrera (au cinéma ou encore à la télé) que les espoirs placés en lui n’étaient pas usurpés. A suivre.


