Samedi 22 mars 2008
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A l'écoute de la musique de Dan Hiroshi, on ne peut s’empêcher d’avoir une petite pensée pour celle de Jean-Michel Jarre qui, dans une certaine mesure et à certaine époque, pouvait ressembler un peu à celle-ci. Une musique synthétique, qui coule sans effort, une musique que l’on aurait appelé dans un autre temps une "musique d’ascenseur" et qui connut un certain engouement dans les années 70 avec des formations comme Tangerine Dream et que l’on a vu réapparaître dernièrement avec notamment l’album "Digital Shades Vol. 1" de M83.
En mêlant des bruits de vagues à ses arpèges de synthé et à ses notes cristallines, le japonais évoque ainsi la mer, les profondeurs océanes, et peut-être aussi une certaine idée du bien-être. Vous l'aurez compris, "Oplus2" est un album pour se reposer l’esprit.


Dan Hiroshi - Turquesa y blanco





Vendredi 21 mars 2008
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J’imagine les grands-mères à la sortie de ma séance, la larme à l’œil, se disant que "c’était quand même un bien beau film, fort et touchant et bien joué aussi". Point de vue simpliste et direct (et qui se respecte) que l’on peut avoir après avoir vu le premier film de Philippe Claudel... comme au on aurait pu regarder un bon vieux téléfilm, un samedi soir sur France 3, les pieds sur la bouillotte et une bonne tasse de tisane au miel à la main.
Après on peut avoir une vison plus critique, plus distanciée, en un (gros) mot plus cinéphilique et se dire que franchement ce film c’était quand même pas terrible !

Avec une mise en scène aussi plate que la poitrine de Jane Birkin, "Il y a longtemps que je t'aime" raconte le retour à la liberté de Juliette (Kristin Scott Thomas) emprisonnée pendant 15 années pour avoir tué son enfant. Elle retrouve alors sa jeune sœur, Léa (Elsa Zylberstein), qui l’accueille chez elle, auprès de son mari Luc, du père de celui-ci et de leurs fillettes.

Mélodrame larmoyant et sans passion, "Il y a longtemps que je t'aime" ne convainc à aucun moment et laisse le spectateur (en l’occurrence moi) en dehors de cette historie de famille, d’infanticide, filmée à la hache dans un Nancy malheureusement jamais à la hauteur de l’amour que semble lui porter Claudel. En effet, pourquoi tourner des scène dans des lieux (bars, places..)  aussi chargés d’histoire de l’art sans jamais les mettre un minimum en valeur en proposant un minimum de mise en scène ? Et c’est bien là que le bât blesse : la mise en scène est inexistante dans ce film. Pas une once d’idée de cinéma en presque deux heures, juste des blocs de conversation tournés à la chaîne dans divers endroits de Nancy avec toujours ces gens qui passent devant la caméra (pour faire vrai ?) et surtout une impression permanente de redite dans les scènes.

Pour ce qui est du fond, là aussi Claudel n’y va pas avec le dos de la cuillère, du bon gros mélo politiquement correct où l’on règle leur compte à des caricatures de personnages en moins de temps qu’il n’en faut pour les montrer à l’écran (le patron d’entreprise agressif et vulgaire, le mari un peu immature, un peu beauf qui ne pense qu’au foot, le flic dépressif et gentil...) et puis y'a toutes ces scène de dialogues qui sonnent le faux et dans lesquelles Claudel a sans doute voulu mettre trop de lui-même et pas assez de cinéma… à notre plus grand regret.

Bref, tout ça n’est pas très subtil, tout ça est bien fade (à l’image de la musique) et tout ça manque de finesse, en témoigne et un final qui arrive comme un éléphant dans un magasin de porcelaine mais qui aura au moins le mérite d’avoir touché la sensibilité de la grand-mère à côté de moi qui demandait sans cesse à son vieux mari « qu’est ce qu’elle a dit ? ».


Mardi 18 mars 2008
Thebattlefandndsea.jpg

Sexy comme un disque de Hope Sandoval, désespéré comme les premiers Cat Power, peaceful comme un vieux Vashti Bunyan mais moins ténébreux qu'un album de Low, voici venir The Battle of Land and Sea formation emmenée par la douce Sarah O’Shura, damoiselle à la voix troublante et sensuelle, accompagnée dans son aventure musicale par son ami Joshua Canny. A eux deux ils ne forment pas le gang Barrow mais plutôt un charmant duo qui avec voix, guitares et percussions légères donnent vie à un album aussi court que délicat, beau comme tout, entre folk et slowcore. Moi j'adore.

The battle of land and sea : "Saltwater Queen"


Notenuf / import - mars 2008
www.myspace.com/battleoflandandsea


Mardi 18 mars 2008
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F.M. (parce que François Maurin) est un garçon qui a décidé de prendre la pop à l’envers.
Au lieu de mettre les guitares à fond et de cogner très fort sur sa batterie, F.M. a préféré aller directement là où d’autres mettent des années à arriver : faire sonner sa musique pop sur des arrangements pour cuivres, cordes frottées ou pincées avec une élégance folle.
Pas vraiment impressionné par le challenge, F.M. s’attaque même à du lourd (Cure, Stanglers, Blondie) avec des reprises culottées mais maîtrisées.
Au fil des écoutes l’album impressionne un peu plus à chaque fois et on se dit que le parisien a vraiment tout pour aller loin, et que déjà avec cet album (pas prétentieux pour deux sous) il a déjà accompli une sacrée prouesse.

Remark/Warner - 2008
www.myspace.com/fmpopmusic

Dimanche 16 mars 2008
glasscandy.jpgDécidément ce petit label Italians Do It Better n’en finit pas de nous réjouir. Alors que l’album des Chromatics constituait déjà une étonnante entrée en matière et posait les bases solides d’une musique tournée vers le début des année 80, qui s’exprimait notamment par l’utilisation abusive et roborative de sonorités vintage synthé-pop, c’est au tour des Glass Candy de venir nous présenter une jolie madeleine pur beurre sous le nez pour nous rappeler que les années 80 c’était ça aussi.

En mélangeant les genres pop, disco synthé, new wave, Glass Candy rappelle ainsi à notre bon souvenir les pires (donc les meilleures !) musiques de l’époque dans un gros milk-shake incluant en vrac les BO au kilomètre de séries type "Magnum" ou Miami Vice mais également la BO du premier "Rocky" ou encore les musiques de Howard Shore pour Cronenberg et évidemment les BO de John Carpenter et de Goergio Moroder, personnalités désormais incontournables dès que qu’il s’agit d’évoquer les musiques pop électroniques de cette époque.
Bref que du son 80’s pur jus qui amène immédiatement des images de pantalons à pinces jaune canari, de chevelures bouclées et de maquillages bien vulgaires… toute une imagerie follement déssuette que recycle à merveille Youtube aujourd’hui.

Mais "B/E/A/T/B/O/X" n’aurait pas vraiment d’intérêt s’il se contentait seulement de n’être qu’un clin d’œil  à nos jeunes années. Car à l’image du récit "batbox" de Miss Kittin, "B/E/A/T/B/O/X" revêt suffisamment d’atouts et de qualités (des mélodies et des riffs addictifs, un chant détaché plein de mélancolie… ) pour que l’on prenne véritablement au sérieux ce groupe et que l’on apprécie à sa juste valeur ce très très joli disque.

Glass Candy - B/E/A/T/B/O/X (Italians do it better/ Differ-ant, janv 2008)

Glass Candy : "Candy Castle"
 

www.myspace.com/glasscandy
www.myspace.com/italiansdoitbetterrecords


Samedi 15 mars 2008
monsanto.jpg

La chose la plus intéressante dans le très bon documentaire "Le monde selon Monsanto" (Arte) sur le fonctionnement de cette firme américaine et comment elle tente petit à petit de mettre la main mise sur une bonne partie de l’agriculture mondiale c’est sans doute la façon dont Marie Monique Robin  a construit son enquête. Comme tout bon internaute elle est partie à la pêche aux informations sur la toile en utilisant le moteur de recherche Google.
Même si les choses ne se sont sans doute pas fait aussi vite et simplement que le montre le film, une fois monté, avec notamment Marie Monique Robin  qui est mise en scène devant son Apple immaculé, (on imagine les heures qu’elle a du passer devant son Mac) on se rend compte ici çà quel point internet et les moteurs de recherche on totalement modifié notre accès à l’information ces dernières années et notre façon de l’appréhender. De simple lecteur "passif" souvent dépendant d’une ou deux sources d’information papier pour des raisons financières, nous sommes devenus des lecteurs, fouineurs multipliant les sources d’informations parfois jusqu’à en perdre la boule quand il s'agit de faire achat.

Malgré tout, ce que l’on constate, à l’image du travail de Marie Monique Robin, c’est qu’aujourd’hui n’importe qui peut (avec une bon niveau d’anglais dans certains cas), et une utilisation pertinente des moteurs de recherche, exercer sa citoyenneté en allant chercher les infos là où elles sont en quelques clics.
Dernièrement par exemple, je m’interrogeais sur le prix anormalement peu élevé et constant du filet de panga, un poisson apparu ces deniers années sur les étals des poissonniers et qui, comme le filet de perche, s’avère très goûteux, facile à cuisiner et sans arête et donc ravit nos enfants (et nous mêmes si heureux de les voir manger !)
Echaudé par les infos recueilles il y a quelques années sur les conditions d’élevage des perches du Nil (voir entre autres le film "Le cauchemar de Darwin") je me suis penché sur le cas du Panga pour apprendre en deux clic que ce poisson est produit à l’échelle industrielle sur le Mékong au Vietnam et qu’on lui injecte  de l’urine de femme enceinte séchée pour l’aider à se reproduire. Il est nourrit est une farine importée du Pérou, élaborée à partir de cadavre de poissons mélangés à du Manioc, du Soja (OGM ?) et à diverses céréales. (source) Un document passé sur  M6 confirme ces informations. (source)
Une info qui a évidemment de quoi dégoûter des familles entières à consommer cette charmant bestiole. 

http://www.arte.tv/monsanto

Les rediffusions du Monde selon Monsanto
Lundi 31 mars à 3h00 (TNT)
Samedi 19 avril à 9h45 (TNT)


 

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Une sélection  qui délaisse les nouveautés pop, rock, electro pour se consacrer sur une poignée de vieux titres qui, j'espère, vous feront passer un bon moment.

01) Sim & Eric de Marsan : le roi des bricoleurs
Pour commencer THE TUBE incontestable de la sélection, une rareté, un titre coquin et plein de bonne humeur, composé par Eric Demarsan ("L’armée des ombres", "le cercle rouge"…) et interprété par Sim. Si, si, Un must !!!

02) Lee Hazlewood  : Hey cowboy
On ne présente plus Lee Hazlewood, chanteur counrty pop sorti des oubliettes il y a quelques années avec des rééditions (dont le fameux "Cowboy In sweden" d’où est tiré cet immanquable "Hey Cowboy") et des articles dans la presse spécialisée pour vanter le talent de composition de ce gbeau moustachu qui se fit surtout connaître pour ses duos avec la non moins charmante Nancy Sinatra.

03) Raisonance  : Ok Chicago
Composé pour un film policier type blaxpoitation "Ok Chicago", ce titre "70's à fond !!!"est en fait co-signé par Pierre Bachelet qui, à l’époque, était surtout connu pour ses compostions pour la pub, la télé et le cinéma... c’est après que tout se gâte.

04) Doris Day : Send Me No Flowers
Extrait d’une compilation Easy listening à bas prix mais forte intéressante dans laquelle des voix (Tony Benett, Percy Faith, …) chantent Burt Bacharach, ce "Send Me No Flowers" (composé pour le film du même nom signé Norman Jewison) est une vraie petite merveille, dans des harmonies qui rappellent un peu (en plus enjoué et moins sombre), la mélancolie du fabuleux thème "Suicide is Painless" du film M.A.S.H.

05) Bourvil & Fraçois de Roubaix : Petit agneau
On savait rire dans le temps, en témoigne cet extrait d’une B.O. de François De Roubaix pour un film de J.P. Mocky avec Bourvil en tête d’affiche ("la grande lessive") qui ici nous propose un chant liturgique digne des grands moments de Jean Yanne.

06) Dashiell Hedayat & Gong : Chrysler
Dashiell Hedayat, écrivain connu sous le nom de Jack-Alain Léger est aussi l’auteur d’un album culte en compagnie du groupe Gong en 1971 : "Obsolete", l’indémodable titre "Chrysler" devrait donner envie à ceux qui ne connaissent ni l’un ni l’autre d’aller à la découverte de cet album.

07) Michel colombier – Du fond de mon lit
Michel colombier fut d'abord onnu pour avoir composé la fameuse "Messe pour le temps présent" en compagnie de Pierre Henry, mais aussi pour avoir collaboré avec Gainsbourg (Elisa, Manon70). Le crépusculire "Du fond de mon lit " est extrait de l’album "Caport pointu" paru en 1969 et qui restera cmme son seul véritable album pop.

08) Gillian Hills - Le paradis pour toi
Pur produit des 60’s Gillian Hills est la chanteuse yé-yé par excellence : petit minois, look sexy, chansons cul-cul la praline et musiques pop chacha. Elle fut ensuite actrice sur quelques films. Une Gillian Hills qui inspira sans aucun doute Bertrand Burgalat dans la composition de l’album "Chrominance Decoder" d’Aprile March, sommet de label Tricatel.

09) Jean-jacques Perrey – Crazy Crow And Daffyduck
Gros fournisseurs de musique, d’habillage sonore pour la télévision du tout début des années 80 (comme ici pour les fameux interludes d’Antenne 2), Jean-Jacques Perrey est aussi celui qui a rendu célèbre en France les sonorités si particulières du fameux synthé Moog ; des sonorités qui accompagnèrent toute une génération d’enfants télévores.

10) Joe Hisaishi – Sonatine
Fausse vieillerie pour terminer avec Ce titre extrait de la B.O. du film "Sonatine" de Takeshi Kitano, pour rendre hommage à ce formidable composteur japonais que l’on rattache bien sûr aux films de Kitano mais également aux films d’animation de Miyazaki.

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