Qui ne s’est pas, un jour, laissé aller à siffloter les airs faciles et
entraînants que l’on trouvait à profusion sur “Play”, l’album qui a fait passer Moby du statut de producteur electro/rock (voire hard
rock sur “Animal Rigths” en 1996) à celui de véritable star mondiale de la pop music à partir de 1999. Depuis cette époque où il a trouvé l’alchimie parfaite entre vieux samples, boites à rythmes
et nappes de pianos & synthés, l’américain n’a cessé de répéter cette formule (magique ?) au fil d’albums de moins en moins surprenants et passionnants : “18″ (2002) “Hotel” (2005) jusqu’au dernier “Last Night” (2008), lui nettement plus dance mais pas plus captivant pour autant.Enregistré à la maison en compagnie de quelques amis et influencé notamment par la personnalité du cinéaste David Lynch, à qui Moby a confié le soin de réaliser le clip d’un des singles de l’album, “Wait For me” laisse une impression mitigée. L’impression d’écouter un album rempli de musiques intimes et douces comme jamais il n’en avait écrit auparavant mais avec toujours en fond cette sale manie de donner à ses compos un coté sirupeux à l’image des musiques de films d’Angelo Badalamenti… compositeur attitré de David Lynch.
“Wait For Me”, plus que les précédents et à l’opposé du récent et mauvais “Last Night”, s’appréciera sans aucun doute sur la longueur et pourrait dévoiler plus de finesse qu’il n’y parait.
Moby, qui nous habitué à des titres nettement plus pop, plus directs, plus dansants, propose cette fois un ensemble (trop) copieux, avec pas moins de 16 titres, qui manque sans doute par moment de consistance mais dans lequel on trouvera sans problème une poignée de titres sympas et agréables, à écouter un soir d’été, la tête dans les étoiles.