Vendredi 28 décembre 2007


Après les 48 films vus cette année (un de plus que l’an passé), on ne pourra pas dire que 2007 restera comme une grande cuvée avec, à mon goût, une trop grande majorité de films "sympas" pour seulement quelques films réellement enthousiasmants.
Je retiendrai d’abord quatre films, qui pour moi se détachent du reste : une adaptation formidable de la bande dessinée de Marjane Satrapi apr elle-même, un western éthéré et beau comme tout, un  mélo d'espionnage sur fond de l’ex Allemange de l’Est et enfin un film dense et réaliste dans la Roumanie triste de Ceausescu.

Mon palmarès en détail :


01 - "Persepolis", de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud


   
Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud (Winshluss) réussissent là une œuvre magnifique à tout point de vue. Artistiquement d’abord, le noir et blanc et toutes ses nuances de gris sont à tomber de beauté, d’expressionniste et de poésie ! (ça m’a fait penser un peu aux vieux Tintin en dessin animé, des années 70 comme "le temple du soleil"). Du point de vue du récit c’est également du très haut niveau. On suit le parcours de Marjane de sa petite enfance jusqu’à son départ pour la France dans les années 90. Tout ça est raconté avec une clarté et un sens du rythme qui ne faiblit jamais, avec verve incroyable, une intensité émotionnelle rare et tout ça sans rien lâcher de l’aspect politique de l’histoire. Du régime autoritaire du Shah à l’arrivée des mollahs, Marjane nous raconte son pays avec conviction, finesse et intelligence dans un film où l’on est ballotté entre humour et gravité à chaque instant.  Persepolis est un film qui touche mais qui donne aussi à réfléchir sur ce qu’on est, sur notre capacité à résister,  sur nos idées et comment les défendre et plus généralement sur notre engagement… et pour ça, Pesepolis est aussi un film politique.

02 - "L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford", de Andrew Dominik



…une mise en scène remarquable qui donne un film d'une grande beauté visuelle, tout en tension, avec une narration lente, un scénario un peu complexe où l’on s’y perd un peu entre les personnages... mais là n’est pas l’important, car ici la forme (quasi parfaite) donne toute sa force au film. Avec un sens du cadrage sans faille, avec cette façon de nous faire sentir la psychologie de personnages avec presque rien (quelques plans sur des visages), mais aussi l’ambiance, la tension qui règne avec une gros travail sur bruits, les décors extérieurs comme intérieurs (on pense un peu à la série "Deadwood") on se rend vite que compte que le film est incontestablement  l’œuvre d’un grand cinéaste. Si vous ajoutez  à cela le jeu des acteurs (Brad Pitt et Casey Affleck sont impressionnants, l’un par sa force de brute et sa folie sourde, l’autre par son côté frêle et craintif), la musique absolument renversante, sombre, tendue de Nick Cave & Warren Ellis, vous en conclurez aisément que ce film est un petit chef-d’oeuvre de cinéma.

03 - "La vie des autres", de Florian Henckel von Donnersmarck



Le film aurait bien pu s’appeler l’armée des ombres, tant celles-ci sont partout, à l’affût de tout et surtout celle de l’agent Wiesler, qui a pour mission de pénétrer l’intimité du couple d’artistes par des écoutes permanentes, de jour comme de nuit. Et c’est là bien sur que le film est passionnant. Où l’on voit cet agent à la vie terne s’introduire dans la vie des autres et posséder le pouvoir d’interférer sur le destin de ces gens. Au-delà de cet aspect, le réalisateur propose une mise en scène remarquable avec cette manière très réussie de présenter la RDA mais aussi et surtout cette machinerie politique surpuissante qu’était la stasi, avec notamment des décors splendides, avec ces dédales de couloirs, ces millions d’archives, ces bureaux, ces cellules d’emprisonnement… Fascinant !

04 - "la graine et le mulet", de Abdellatif Kechiche



"La Graine et le mulet" est un film qui vous prend par le bras (et parfois à la gorge et même par les tripes) et qui ne vous lâche plus jusqu’au plan final ! Enfant de Pialat et de Téchniné, Abdellatif Kechiche réalise là un film généreux et sans fard, un film charnel et sensuel. "La Graine et le mulet" c’est du cinéma vérité, du cinéma qui ne triche pas... bref c’est le cinéma de la vie avec quelques scènes mémorables qui me font dire que ce film là on n’est pas prêt de l’oublier. Du grand art !

05 - "4 mois, 3 semaines, 2 jours", de Cristian Mingiu



Ici on peut parler de film "coup-de-poing". Un film dans lequel on entre sans préalable et duquel on ressort comme on est entré, sans (nous) prévenir. Un fragment de vie, un fragment de mort, l’histoire d’une lutte contre la loi, pour la liberté, celle d’une femme désireuse de ne pas porter l’enfant qui est dans son ventre et qui en compagnie de son amie va tout mettre en oeuvre pour y arriver. Avec une mise en scène et un filmage impeccables, le réalisateur nous offre un film fascinant, bouleversant, haletant comme un thriller, aussi beau visuellement que dur dans son propos. Une film qui se contente de montrer sans juger ses personnages et qui nous confronte à une question, à une réalité qui est et sera sans doute toujours d’actualité.

06 - "L'avocat de la terreur", de Barbet Schroeder



Sans voix-off, avec uniquement des images d’archives et des interviews de proches, Barbet Schroeder nous raconte le parcours véritablement romanesque de cet homme dont les convictions ont toujours guidé ses choix (souvent discutables) en tant qu’avocat.
"L’avocat de la terreur" se regarde comme un vrai film d’espionnage, et ne laisse pas insensible. C'est un film qui dérange et qui, mine de rien, nous retrace en 2h15 quelques moments importants de l’histoire du terrorisme moderne dans une géopolitique complexe…Vraiment fascinant !

07 - "Control", de Anton Corbijn



Adapté du récit de Déborah, l'épouse de Ian Curtis, "Control" et presque l’histoire d’amour d’un homme avant d’être celle d’un rocker et de son groupe. Mais peu importe, l’émotion est là, le noir et blanc magnifique de Corbijn restitue bien le Manchester gris de l’époque tatcherienne et donne force et caractère à un Ian Curis subtilement filmé et brillamment interprété par l'acteur Sam Riley. En traitant son sujet  à l’anglaise comme aurait pu le faire un Frears ou un Ken Loach, Corbijn laisse une grand place aux scènes l’intimité, de couple, de solitude, sans esbroufe nous plonge dans le cerveau fragile de Ian Curtis. Grand film !

08 - "Le vieux jardin", de Im Sang-soo



Après "The president’s last bang" que je n’avais pas trouvé si terrible que ça, Im Sang-soo me réconcilie avec son cinéma dans un film où il fait des allers et retours entre présent et passé avec une belle fluidité et en réussissant un bel équilibre entre histoire politique et histoire d’amour. Ajoutez à cela une mise en scène (comme très souvent dans le cinéma coréen) splendide avec quelques plans d’une beauté incroyable et vous aurez un film formellement impeccable, intelligent dans son propos, bouleversant dans son récit.
   
09 - "Congorama", de Philippe Falardeau


   
Film surprise que je ne m’attendais pas à retrouver dans le top 10 de fin d’année, Congorama raconte une histoire de famille qui tourne en faux road-movie, à la fois inventif, sensible et intelligent.
Avec son titre qui ne dit finalement pas grand chose, "Congorama" offre un spectacle de grande qualité. L’occasion de découvrir un cinéaste très doué : Philippe Falardeau, qui réussit là un petit coup de génie. Car si l’histoire est un joyeusement  foutraque, la mise en scène elle, est pleine de maîtrise, le scénario est habilement construit et les acteurs sont totalement réjouissants.

10 - "Les femmes de ses rêves", de Peter Farrelly, Bobby Farrelly



Tout comme "Terrain d’entente" le précédent film des frangins, "Les Femmes de ses rêves" prend comme point d’encrage la vie de couple et tout ce que cette union engage, en bien comme en mal. Avec un scénario qui tient en quelques lignes, les Frères Farrelly vont réussir un film aussi drôle que touchant, alliant en permanence le mauvais goût, la grossièreté et la subtilité dans un fragile équilibre qui pourtant à aucun moment ne va se rompre. A grands coups de running gags efficaces, de trouvailles subtiles (la déviation de la cloison nasale),  les frangins réussissent une fois encore un film extra, qui vous fout la banane du début à la fin et qui derrière son aspect gros comique dit bien des choses, sur les êtres et leurs relations. Et même si on n’atteint pas la force de "Deux en un" (leur chef-d’œuvre), "Les Femmes de ses rêves" reste quand même un grand cru de l’année 2007.
   
10 - De l'autre côté, de Fatih Akin



Récompensé du prix du scénario à Cannes en 2007, "De l'autre côté" aurait pu avoir aussi le prix de la mise en scène tellement celle-ci est remarquable tout en étant relativement discrète. "De l’autre côté" est un beau film, à la fois simple dans les choses qu’il dit et complexe dans sa construction. Au centre du film, l’engagement, la culpabilité, mais aussi le pardon, (Télérama est aux anges !) et la confrontation de deux civilisations, de deux cultures que l'on observe à travers les rapports entre les personnages du films. Sans porter de jugement définitif, le réalisateur de "Head-On" propose un film délicat, plein de grâce et de pudeur, sensible qui, sans être pour autant bouleversant, se révèle malgré tout passionnant... sans doute aussi et grâce à l’interprétation remarquable des acteurs.

Viennent ensuite :

12 - Les climats, de Nuri Bilge Ceylan
13 - Scandaleusement célèbre, de Douglas McGrath
14 - Zodiac, de David Fincher
15 - la nuit nous appartient, de James Gray
16 - Les promesses de l'ombre, de David Cronenberg
17 - La maison, de Manuel Poirier
18 - La fille coupée en deux, de Claude Chabrol
19 - Roman de gare, de Claude Lelouch
20 - J'attends quelqu'un    de Jérôme Bonnell

Les films que je n'aurais jamais du aller voir :

Michael Clayton, de Tony Gilroy
Paranoid Park, de Gus Van Sant   
Faut que ça danse, de Noémie Lvovsky   
The golden door, de Emanuele Crialese   
Les chansons d'amour, de Christophe Honoré

Pour mémoire > Le Bilan 2006






par Benoit RICHARD publié dans : CINEMA
 

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Radio Hop


Une sélection  qui délaisse les nouveautés pop, rock, electro pour se consacrer sur une poignée de vieux titres qui, j'espère, vous feront passer un bon moment.

01) Sim & Eric de Marsan : le roi des bricoleurs
Pour commencer THE TUBE incontestable de la sélection, une rareté, un titre coquin et plein de bonne humeur, composé par Eric Demarsan ("L’armée des ombres", "le cercle rouge"…) et interprété par Sim. Si, si, Un must !!!

02) Lee Hazlewood  : Hey cowboy
On ne présente plus Lee Hazlewood, chanteur counrty pop sorti des oubliettes il y a quelques années avec des rééditions (dont le fameux "Cowboy In sweden" d’où est tiré cet immanquable "Hey Cowboy") et des articles dans la presse spécialisée pour vanter le talent de composition de ce gbeau moustachu qui se fit surtout connaître pour ses duos avec la non moins charmante Nancy Sinatra.

03) Raisonance  : Ok Chicago
Composé pour un film policier type blaxpoitation "Ok Chicago", ce titre "70's à fond !!!"est en fait co-signé par Pierre Bachelet qui, à l’époque, était surtout connu pour ses compostions pour la pub, la télé et le cinéma... c’est après que tout se gâte.

04) Doris Day : Send Me No Flowers
Extrait d’une compilation Easy listening à bas prix mais forte intéressante dans laquelle des voix (Tony Benett, Percy Faith, …) chantent Burt Bacharach, ce "Send Me No Flowers" (composé pour le film du même nom signé Norman Jewison) est une vraie petite merveille, dans des harmonies qui rappellent un peu (en plus enjoué et moins sombre), la mélancolie du fabuleux thème "Suicide is Painless" du film M.A.S.H.

05) Bourvil & Fraçois de Roubaix : Petit agneau
On savait rire dans le temps, en témoigne cet extrait d’une B.O. de François De Roubaix pour un film de J.P. Mocky avec Bourvil en tête d’affiche ("la grande lessive") qui ici nous propose un chant liturgique digne des grands moments de Jean Yanne.

06) Dashiell Hedayat & Gong : Chrysler
Dashiell Hedayat, écrivain connu sous le nom de Jack-Alain Léger est aussi l’auteur d’un album culte en compagnie du groupe Gong en 1971 : "Obsolete", l’indémodable titre "Chrysler" devrait donner envie à ceux qui ne connaissent ni l’un ni l’autre d’aller à la découverte de cet album.

07) Michel colombier – Du fond de mon lit
Michel colombier fut d'abord onnu pour avoir composé la fameuse "Messe pour le temps présent" en compagnie de Pierre Henry, mais aussi pour avoir collaboré avec Gainsbourg (Elisa, Manon70). Le crépusculire "Du fond de mon lit " est extrait de l’album "Caport pointu" paru en 1969 et qui restera cmme son seul véritable album pop.

08) Gillian Hills - Le paradis pour toi
Pur produit des 60’s Gillian Hills est la chanteuse yé-yé par excellence : petit minois, look sexy, chansons cul-cul la praline et musiques pop chacha. Elle fut ensuite actrice sur quelques films. Une Gillian Hills qui inspira sans aucun doute Bertrand Burgalat dans la composition de l’album "Chrominance Decoder" d’Aprile March, sommet de label Tricatel.

09) Jean-jacques Perrey – Crazy Crow And Daffyduck
Gros fournisseurs de musique, d’habillage sonore pour la télévision du tout début des années 80 (comme ici pour les fameux interludes d’Antenne 2), Jean-Jacques Perrey est aussi celui qui a rendu célèbre en France les sonorités si particulières du fameux synthé Moog ; des sonorités qui accompagnèrent toute une génération d’enfants télévores.

10) Joe Hisaishi – Sonatine
Fausse vieillerie pour terminer avec Ce titre extrait de la B.O. du film "Sonatine" de Takeshi Kitano, pour rendre hommage à ce formidable composteur japonais que l’on rattache bien sûr aux films de Kitano mais également aux films d’animation de Miyazaki.

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