Mercredi 3 août 2011
3
03
/08
/Août
/2011
11:25
Le label Gooom Disques restera sans aucun doute comme l'aventure musicale la plus riche et la plus passionnante
en France au cours de la première décennie du XXIème siècle. Emmené par Jean-Philippe Talaga, le label parisien a sorti, entre 1999 et 2005 une vingtaine d'albums qui
l'inscrivent définitivement au panthéon des labels français qui comptent dans l’histoire de la musique indé en France.
Pour la plupart, difficilement trouvables aujourd’hui, ces albums restent de véritables pépites aux confins de la pop, de l’electronica et de la new wave. Reste de cette époque le site internet
du label, intact, tout en flash (comme c’était la mode à ce moment-là), avec sa petite musique si caractéristique qui tourne en boucle, comme un vestige d'une décennie riche en
découvertes.
Dix après l’éclosion du son Gooom, replongeons-nous parmi quelques trésors de ce fameux label. Welcome To Gooom Island !
M83 - M83 (2001)
Le XXIème siècle à peine entamé, une petite révolution s’opérait dans la sphère musicale française. Alors que la vague french-touch servait de maître-étalon pour juger du niveau des bidouilleurs
français en matière de musique électronique, un duo d’antibois sortait, un peu à contre-courant, un disque mêlant electronica planante et guitares vaporeuses sur un petit label alors en pleine
expansion. Faisant le lien entre Boards of Canada, Tangerine Dream et My Bloody valentine, M83 (du nom d’une proche galaxie) s’imposait en 2001 comme la révélation musicale de l’année. (spotify)
Cosmodrome - Minimum Complexe (2000)
Des tonnes de synthés moog vintage, de l’electronica joyeuse et dansante, des voix robotiques... Tel un Jean-Jacques Perrey sous acides, le duo Cosmodrome sortait là un album foutrement dansant
et bordélique. Un revival 80’s avant l’heure que l’on réécoute aujourd’hui avec grand bonheur. (website)
KG - Adieu l’électronique (2002)
Après un premier album déguisé en best-of, les Strasbourgeois de KG sortaient en 2002 un second essai là aussi joliment foutraque, fait de sonorités electro années 80 avec en plus une
pettie touche punk. De la bonne vieille musique électronique de bazar, de brocanteur qui sent bon le grenier et la poussière synthétique. Une vraie curiosité.
Mils - Sept Masses Déplacées (1999)
L’electronica de Mils a toujours été ludique et pleine d’idées. Sur cet album qui n’a miraculeusement pas pris une ride, le père Mils n’avait pas son pareil pour mêler des samples jazz avec ses
sons à lui dans des compostions électroniques complexes mais jamais chiantes qui en font, encore aujourd’hui, un des meilleurs représentants de la scène electronica française de ces dernières
années. (website - albums en free dld)
Gooom Tracks vol.1 (2001)
C’est avec cette compilation, aujourd’hui aussi mythique que les compilations "Source Lab 1 et 2" pour la French Touch, que l’on a découvert tout le potentiel et surtout toute la richesse du son
Gooom. Mais c’est aussi toute une flopée de nouveaux noms qui s’offrait à nous avec ce vol.1. 10 ans après, cette compilation reste une véritable excursion musicale au cours de laquelle on
découvre des paysages sonores insoupçonnés, plus beaux et étranges les uns que les autres. Un parfait complément à un autre compilation parue à peu près au même moment et tout aussi passionnante
: "Putting The Morr Back In Morrissey" du label Morr Music.
Abstrackt Keal Agram - Cluster ville
(2003)
Seul et unique représentant franchement hip hop du label, Abstrackt Keal Agram, duo composé de Tanguy Destable et de Lionel Pierres épate et ravit avec ce premier album sur Gooom.
Avec un son à la fois puissant et travaillé entre abstract hip-hop et electronica, Abstrackt Keal Agram fait une entrée remarquée sur Gooom et confirmera en 2004 avec l’excellent "Bad Thriller".
(Grooveshark)
Anne Laplantine - Nordheim (2000)
Sorti fin 2000, cet album nous fait découvrir le style pop electro-lo-fi de Anne Laplantine. Un style qui ne manque ni de charme ni de caractère et qui laisse entrevoir des chansons détachées et
curieuses, remplies de mélodies mélancoliques, parfaitement mises en avant par des synthés tristes et des boites à rythmes rachitiques. C’est plein de trouvailles sonores, d’arrangements
bizarroïdes, avec un peut côté patchwork très beau, très poétique, un peu arty. Depuis, il ne me semble pas que l’on ai fait mieux dans le genre. (website)
Cyann & Ben – Spring (2003)
2003, Le label a déjà sorti la plupart de ses albums majeurs, et semble vouloir s'ouvrir à d’autres courants comme en témoigne le prmier album de Cyann & Ben qui constituera le
premier album "non-électronique" signé sur la structure parisienne. Les chansons folk de Cyann & Ben se complaisent dans une forme de nostalgie non feinte qui donne un aspect assez touchant à
ce disque. On pense à Air ou pink Folyd. C’est très doux, très eau et ça tranche terriblement avec le son des disques de Mils ou M83 auxquel on était habitué jusqu'alors. (Grooveshark)
0