
Malgré une mise en route un peu longue et un faut court-métrage peu passionnant mais qui trouvera sa justification plus tard au cœur du récit, le Darjeeling Limited arrive à trouver son rythme de croisière (assez lent) et à nous conduire au le Rajasthan, sur les traces de trois frères dans une quête spirituelle où il sera surtout question pour eux de se retrouver après la mort accidentelle de leur père mais aussi de retrouver leur mère recluse dans un couvent orphelinat.
Tout ça mit bout à bout donne un film doucement foutraque, à la mélancolie et d’humour décalé, à froid, qui rappelle assez le cinéma de Kaurismaki… l’exotisme en plus.
Les acteurs, Jason Schwartzman, Owen Wilson et Adrien Brody sont très bons, la réalisation de Wes Anderson est légère, fraîche, subtile, pleine de surprises. Tout ça est très sympa, étonnant, original, poétique, mais malgré tout ces points positifs, on est loin du chef-d’œuvre et ce "A bord du Darjeeling Limited" reste finalement qu’un film au mieux sympa, au pire gentil. Et on est presque frustré de ne pas avoir ri, et on regrette presque que Wes Anderson ne se soit pas finalement lâché plus avec pourtant une histoire, des situations qui s’y prêtaient.
publié dans :
CINEMA
Assez fade et sans folie, mais pas forcément désagréable à regarder, cette adaptation du livre Le Vallon d’Agatha Christie, (travail de commande) aurait mérité sans doute un peu plus d’originalité et fantaisie, même si on sait que le cinéma de Bonitzer n’est jamais franchement très gai ni forcément très original.
Faute d’intrigue savoureuse et d’atmosphère vraiment prenante, on se concentrera donc sur les acteurs et leur jeu pour voir comment s’en sortent les Mathieu Demy, Valeria Bruni-Tedeschi, Pierre Arditi, Lambert Wilson ou Miou-Miou. De ce point de vue là c’est encore les vieux qui s’en sortent le mieux et notamment le couple Arditi/ Miou-Miou qui constitue la principale fantaisie du film et qui donne un côté légèrement absurde à cette histoire.
Pour le reste, rien à signaler, c’est assez inabouti et trop léger. Seule consolation : la très belle Caterina Murino qui apporte une touche de sensualité assez appréciable et qui a le mérite de réveiller un peu nos sens dans un ensemble bien trop convenu.
PS : il rare que je choisise des affiches de film pour illustrer mes propos, mais j'ai beaucoup aimé celle-ci, signée Floc'h, célèbre dessinateur de BD qui avait notamment réalisé celles pour les plus que fameux "smoking/No Smoking" de Resnais.
.
publié dans :
CINEMA

Comme il n’y a jamais de temps perdu pour voir les bons films, Je vous parlerai aujourd’hui de "Juno", film de Jason Reitman (auteur du sympathique mais inabouti "Thank You for smoking"), un feel good movie qui, comme son nom l’indique, fait du bien… et plus encore !
"Juno" est un bon film pour plein de choses mais d’abord parce qu’il réussit à faire passer des sentiments positifs (qui font du bien comme on l’a dit) sans forcément faire dans les bons sentiments ni dans le pathos, dans la critique sociale ou morale.
"Juno" est un bon film parce qu’il est à la fois simple et subtil, qu’il réussit à parler de choses aussi graves que l’avortement chez les ados tout en nous laissant un sourire au coin des lèvres du début à la fin.
Et ce qui pouvait ressembler au début à une comédie ado aux allures de sitcom se révèle au final être un chouette petit film indé américain comme on les aime, avec des ados attardés et très drôles, des américains moyens chaleureux et touchants et une bande son aux accents folk des plus roboratives qui soit.
Côté mise en scène rien d’énorme mais juste plein de petites choses très sympas, de petits gimmicks clipesques à commencer par le générique qui constitue une très agréable mise en bouche à un film né pour plaire.
publié dans :
CINEMA

A l’heure des vacances, où la moitié des écrans sont squattés par des productions pour enfants, on était en droit d’attendre d’Horton un divertissant en 3D de qualité. Malheureusement, une fois de plus pour ce type de film d’animation, la déception est au rendez-vous.
Car il faut bien avouer qu’à de rares exceptions (les films des studio Pixar notamment) la qualité n’est plus au rendez-vous dans ce genre de dessin animé. Et même si les studios Blue Sky nous avait offert un séduisant "L’âge de Glace", on ne peut pas dire que "Robots" ensuite et ce piteux et bien niais "Horton" aujourd'hui soient des films de qualité.
Pas drôle pour un sou (pas un seul bon gros rire en 1h30 dans une salle pleine de gosses, faut le faire !), Horton propose une histoire ennuyeuse, celle d’un éléphant (la voix de Dany Boon, bof) qui découvre un beau jour l’existence d’une ville dans une poussière : Zouville. Ensuite, le film navigue entre les deux univers pour nous montrer comment le gentil Horton va sauver cette ville de l’infiniment petit de la destruction fomentée par la méchante Madame Kangourou.
Mais tout va rentrer dans l’ordre et l'on pourra entendre en guise de conclusion : "Une personne est une personne, même petite". Tout va bien on peut rentrer à la maison se repasser un bon vieux "Toy Story".
publié dans :
CINEMA

Si le début est un peu longuet et met du temps à installer Julia (impressionnante Tilda Swinton) à l’écran et dans l’histoire, en revanche une fois la machine enclenchée plus rien ne nous fera quitter l’écran jusqu’à la scène finale, aussi brute que belle, après plus deux longues heures d’un road-moavie violent, intense et il faut bien le dire épuisant.
Epuisant par sa mise en scène où les plans s’enchaînent aussi vite que les idées fusent dans la tête de julia. Une Julia fêtarde et fille facile qui a décidé d’aller kidnapper, contre une poignée de dollars, l’enfant d’une pauvre mexicaine rencontrée dans une réunion d’alcooliques anonymes. Dès lors plus rien ne sera comme avant et Julia se retrouve fugitive en compagnie d’un petit garçon dans une relation qui, comme dans le "Gloria" de Cassavetes, va évoluer au fil du temps.
Extrêmement riche autant du point de vue psychologique que politique, ce film nous malmène, nous bouscule sans arrêt (ici pas de bons d’un côté et de méchants de l’autre), mettant à mal nos certitudes quant aux intentions finales de Julia dans sa course folle.
Avec un scénario haletant aux rebondissements multiples, Zonca réussit un retour gagnant, en espérant juste qu’il ne mettra pas 8 ans avant de refaire un film.
publié dans :
CINEMA


