CINEMA

Vendredi 13 novembre 2009


Après le très bon "Battle For Haditha" (Nick Broomfield) et "Redacted" (De Palma) c’est au tour de la réalisatrice américaine Kathryn Bigelow (il faut revoir "Strange days" !) de nous raconter la guerre en Irak, mais cette fois selon le point de vue de démineurs chargés de désamorcer des bombes là où le devoir les appelle.
Ainsi, en un peu plus de deux heures intenses, éprouvantes et sans temps mort, on va suivre, à la manière d’un reportage, caméra à l’épaule, trois soldats américains en terre ennemie que la mort guette à chaque coin de rue.

Cinéaste aguerrie, Kathryn Bigelow signe là un très bon film de guerre avec une grosse mise en scène et un filmage sec et nerveux (façon "24h chrono" ou "Jason Bourne"), dans lequel elle nous raconte comment la guerre peut devenir une addiction au point, pour James, un des trois soldats (le très bon Jeremy Renner, vu dans" L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford") de laisser à la maison un gamin adorable et une femme magnifique (Evangeline Lilly de "Lost"). A travers ce portrait en trio (la tête brûlé, le faible et le rationnel) Bigelow nous montre quel rapport entretient chaque personnage avec la peur de la mort. Sans être pour autant un film psychologique, ni même politique, Démineurs est avant tout le récit de la vie au quotidien de ces drôles de soldats qui ne sont pas là pour tuer mais éviter la morts tout en jouant avec leur vie… compliqué !

Captivant, haletant, par moment terrifiant, ponctué de scènes de déminage pleines de suspense, avec des ralentis juste là quand il faut, "Démineurs" est une vraie réussite en terme de cinéma d’action et sera, sans doute, dans quelques années, un film référence sur la guerre en Irak.

[8/10]
Démineurs
Film américain de Kathryn Bigelow
Genre : Drame, Guerre
Durée : 2h04
Sortie : 23 Septembre 2009
Avec Jeremy Renner, Anthony Mackie, Brian Geraghty,…

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Mercredi 11 novembre 2009


Après François Cluzet alcolo ("le dernier pour la route"), c’est un Cluzet "escroc" que l’on peut voir cette semaine au cinéma.
"A l'origine" c'est l’historie vraie donc d’un escroc à la petite semaine qui se fait appeler Philippe Miller et qui décide un beau jour de tromper tout un village du Pas-de-Calais sinistré par le chômage en lui faisant croire qu’il est venu pour reprendre le chantier d'une autoroute abandonné quelques années plus tôt. Il se présente alors comme un ingénieur d'une grande société et commence à convaincre les entreprises locales de se joindre au projet. Mais ce qui ne devait être au départ qu’une petite escroquerie va se transformer finalement en une vaste aventure humaine qui va le dépasser totalement.

Présenté à Cannes en mai 2009, puis aujourd"hui en salles dans une version raccourcie, le film captive immédiatement pour les mêmes raisons que "L’adversaire" d’Emmanuel Carrère nous avait fascinée à l’époque : cet art de manier le mensonge et de le faire gonfler à tel point que son auteur se retrouve totalement prisonnier de celui-ci et qu’il en arrive à un point de non-retour.
Personnage mystérieux et au fond peu crédible, Philippe Miller (François Cluzet, très sobre) a pourtant bien réussi son tour de passe-passe : berner un bout de France paumée et  désespérée prête à croire n’importe qui et n’importe quoi pour retrouver un peu d’emploi.

Film passionnant de par son sujet, de par ses personnages (tous très réussis et fort bien joués), de par la réflexion qu’il inspire sur la manipulation et sur le fait se retrouver malgré soi responsable d'un projet où les enjeux sont avant tout humains, mais aussi pour sa mise en scène directe, sans fioriture, avec une caméra proche des personnages, au cœur de l’action (jamais on n’avait film un chantier de travaux public avec autant d’éclat !), "A l’origine" est une vraie réussite et me rabiboche avec un Xavier Giannoli dont je n’avais pas du tout aimé son précédent film "Quand j’étais chanteur".

[8.5/10]
A l'origine
Film français réalisé par Xavier Giannoli
Avec François Cluzet, Emmanuelle Devos, Gérard Depardieu...
Genre : Drame
Durée : 2h10 min
Date de sortie cinéma :  11 novembre 2009


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Mercredi 4 novembre 2009


A la manière d’un Emir Kusturica, auquel on pense ici plus que jamais, Jean-Pierre Jeunet continue de creuser son sillon, de bâtir un édifice cinématographique unique qui ne ressemble à rien d’autre, fait d’objets de récupération, de bonnes gueules, de poésie, d'humour et d’histoires abracadabrantesques… comme c’est encore le cas dans ce "Micmacs à tire-larigot".
Ici, Jeunet met en scène Bazil, (surprenant Dany Boon) qui va se mettre en quête de retrouver les méchants fabricants et marchands d’armes responsables de la mort de son père et de la présence d’une balle perdue logée dans son crane. En compagnie d’une bande d’ingénieux récupérateurs (Yolande Moreau, Dominique Pinon, Jean-Pierre Marielle, Omar Sy, Michel Cremades…) tous épatants, il va mettre en place son projet de vengeance.

Plein de naïveté, comme souvent chez Jeunet, "Micmacs à tire-larigot" ne dépareille pas du reste de sa cinématographie ; et si l’effet de surprise ne joue plus vraiment, le film reste un régal pour les yeux des grands et surtout des plus jeunes découvrant, pourquoi pas, pour la première fois le cinéma de Jeunet.
Bourré de clins d’œil aux classiques du cinéma, de petits détails cachés au fond de l’écran, le film, s’il manque par moment un peu de finesse et se laisee aller à une certaine forme de simplisme, notamment avec les personnages des méchants, que je trouve assez ratés, offre malgré tout de bons moments de cinéma, avec un Paris de carte postale jaunie très agréable à regarder, des gags à gogo et de la bonne humeur communicative. En somme du cinéma familial de qualité et divertissant comme on aime en voir de temps en temps.

[7/10]
Micmacs à tire-larigot
Réalisé par Jean-Pierre Jeunet
Genre : Comédie
Avec Dany Boon, André Dussollier, Nicolas Marié...
Durée : 1h44 min
Date de sortie cinéma :  28 octobre 2009

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Jeudi 29 octobre 2009



01 Last days (Gus Van Sant)02 Locataires (Kim Ki-duk)
03 A history of violence (David Cronenberg)
04 Be with me (Eric Koo)
05 Million dollar baby (Clint Eastwood)
06 Aviator (Martin Scorsese)
07 Sideways (Alexander Payne)  
08 L'enfant (Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne)
09 Je ne suis pas là pour etre aimé (Stéphane Brizé)
10 Le château ambulant (Hayao Miyazaki)



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Jeudi 29 octobre 2009


Palme d’or glacée mais palme d’or méritée pour l’autrichien Michael Haneke qui avec "Le ruban blanc" signe effectivement un des plus beaux films vus en cette année 2009. Un des plus beaux films parce que, visuellement, le père Haneke touche à la quasi-perfection avec son noir et blanc splendide qui confère à certains plans une dimension photographie indéniable. Au-delà de l’esthétique, c’est la mise en scène aussi qui frappe avec une maîtrise du cadre, du hors-champ et des enchaînement entre les séquences assez impressionnant de malice et de fluidité.

La beauté mise de côté, reste l’histoire de ce village allemand protestant troublé par une suite d’évènements plus ou moins inexplicables. Pendant plus de deux heures, Haneke, avec sa caméra, va ausculter toutes les personnages, nous décrire leur psychologie, leur habitudes, pour en faire presque tous des suspects un peu comme dans un roman policier.
Sans une once d’humour ni de gaieté, avec une violence souvent plus psychologique que physique, où par exemple les enfants du pasteur sont interrogés comme des criminels, le film se révèle assez terrifiant par ce qu’il montre et nous fait dire pour le coup que... c’était pas mieux avant ! 

Mené et haletant comme un film à suspense, "Le ruban blanc", avec ses têtes blondes aux visages fermés et inquiétant rappelle évidemment "le village des damnés" de Wolf Rilla (1960), le cinéma d'Hitchcock où encore l’ambiance que l’on pouvait trouver dans certains épisodes de la série "La Quatrième Dimension" (The Twilight Zone), voire des premiers "The avengers".

Avec toutes ces qualités qui en font un grand film de cinéma (beauté formelle, acteurs impeccables, alternance de moments de grâce et de moments de violence...), "Le ruban blanc" finit par vous hanter l’esprit longtemps après la projection... sans doute par le fait qu’il ne répond pas vraiment aux questions qu’il pose (comme d’ailleurs souvent chez Haneke) mais aussi et surtout par la force des images et par le côté dérangeant de ce qu'il raconte.

[9/10]
Le Ruban blanc
Film autrichien, allemand de Michael Haneke
Genre : Drame
Durée : 2h25
Sortie : 21 Octobre 2009
Avec Christian Friedel, Ernst Jacobi, Leonie Benesch...



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Lundi 19 octobre 2009


Dans style "réalisme social" qui rapproche immédiatement le film du cinéma de Ken Loach, Mike Leigh et des frères Dardenne, Andreas Arnold nous raconte la vie d’un ado un peu garçonne et virile, qui évacue sa rage en dansant le hip hop dans des appartements désaffectés. Car en plus de n’avoir pas de copine, Mia vit dans un univers familial des plus sordide, avec une mère fêtarde et buveuse, sans affection pour ses filles, avec qui la communication est rompue et où chaque conversation se termine en insultes et en hurlements.

Si le film n’évite pas l’accueil de la lourdeur propre à ce type de film et aussi quelques stéréotypes, il propose malgré tout un beau portrait d’adolescent, où les enjeux sont ici plus sexuels qu’autre chose avec un beau-père canon dont Mia tombe amoureuse, et pour lequel la mère devient alors une sorte de rivale.
et même si "Fish Tank" n’apporte rien par rapport à tout ce qu’on a déjà pu voir sur le sujet, ce film se révèle cependant intéressant et terrifiant à certains égards. De plus il évite toute forme de misérabilisme ou de pathos en focalisant le récit sur cette sauvageonne pleine d’énergie, pas toujours positive, parfois agaçante, parfois touchante, avec toujours en fond, ces quartiers pauvres et cette misère humaine, sociale, ambiante qui semble anéantir tout espoir de s’en sortir.

[7.5/10]
Fish Tank
Film britannique de Andrea Arnold
Genre : Drame
Durée : 2h02
Sortie : 16 Septembre 2009
Avec Katie Jarvis, Kierston Wareing, Michael Fassbender…



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Vendredi 16 octobre 2009


Stéphane Brizé
, auteur du très beau "Je ne suis pas là pour être aimé" adapte cette fois un roman de Eric Holder, "Mademoiselle Chambon", où il est question d’un brave maçon qui tombe amoureux d’une brave institutrice de province. Pas très bavards l’un et l’autre, les deux être vont mettre un peu de temps à s’approcher, à se toucher et c’est principalement ce que nous raconte le film.

Situé, à la base, dans les années 50, le roman de Eric Holder est ici transposé à notre époque ce qui a pour effet de rendre le récit un peu anachronique avec des situations qui sonnent parfois "datées". Passé ce détail, ce qui m’a intéressé le plus dans ce film, c’est plus tout ce qui se passe autour de la relation entre le Jean et la Véronique Chambon, la façon dont est montré le travail du maçon, les gestes, avec ce mélange de brutalité et de délicatesse, le vocabulaire et aussi l’admiration que peut ressentir quelqu’un qui n’est pas bricoleur au moment de voir le travail fini... Oui, je l’avoue, je me suis totalement identifié à Sandrine Kiberlain dans la scène où Lindon vient changer la fenêtre dans le petit appartement de l'institutrice. Les relations familiales sont également intéressantes, avec ce rapport qu’entretient le maçon avec son père mais égalemtn son fils, aussi attentionné pour l’un que pour l’autre, notamment dans une scène, très belle, où Jean lave les pieds de son vieux père fatigué.
Si le film est parfois victime du parti-pris minimaliste du réalisateur avec quasi zéro mise en scène et une caméra souvent en roue libre,  il en reste malgré tout quelques beaux moments, quelques belles scènes que l’on doit avant tout à deux acteurs solides dont les retrouvailles "intimes" (à l’écran) constituent aussi un petit événement en soi.

[6.5/10]
 Mademoiselle Chambon
Long-métrage français réalisé par Stéphane Brizé
Avec Vincent Lindon, Sandrine Kiberlain, Aure Atika...
Durée : 1h41 min
Date de sortie cinéma : 14 octobre 2009
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Le Best Hop :


Cinéma :                         Bande dessinée :
A l'origine, De Xavier Giannoli    ...à la folie, de Sylvain Ricard & James
Musique :                       Musique :
Jason Edwards : Doldrums   Atlas Sound : Logos 

La playlist de novembre :



01. Atlas Sound W. Noah Lennox - Walkabout
(extrait de "Logos")
02. The Phenomenal Handclap Band : The Journey To Serra Da Estrela
(extrait de "The Phenomenal Handclap Band")
03. Devendra Banhart : Angelika
(extrait de " What Will We Be ")
04. Jason Edwards : Mystic Fandango
(extrait de "Doldrums")
05. Brian Harnetty & Bonnie Prince Billy : Some glad day
(extrait de "Silent City")
06. Kings Of Convenience : Mrs Cold
(extrait de "Declaration Of Dependence")
07. Richard Hawley : For Your Lover, Give Some Time
(extrait de "Truelove's gutter")
08. Beluga’s Hearing : Bobby Lane's Diary
(extrait de "Imaginary Landscapes")
09. Aufgang : Channel 7
(extrait de "Aufgang")
10. Sacha Toorop : L'amour est mort
(extrait de " Songs over troubled water : Carte blanche à Dominique A")

En ce moment :


LES DISQUES :
Devendra Banhart

"What Will We Be"
Turzi
"B"
Fuck Buttons
"Tarot Sport"
B R OAD WAY

"Gang Plank"
Atlas Sound

"Logos"
Benjamin Biolay

"La superbe"
Nick Cave & Warren Ellis
"White Lunar"

LES LIVRES :
Anne Plantagenet
"Le prisonnier"

Plus :
Ma sélection Netlabels
Ma sélection de Podcasts Radio

BILANS 2008 :
Mon année Cinéma
Mon année Musique
Mon année Bandes Dessinées
Mon année Télé
Mon année Séries
Les "Tops Albums" Presse & Webzines

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