En adaptant Spirou, Emile Bravo décide de nous raconter les débuts du garçon, en 1939, au Moustic-Hôtel, comment il a rencontré Fantasio, et bien sûr comment il a failli empêcher l’éclatement de la seconde guerre mondiale.
Dans un habillage à l’ancienne, autant dans le dessin, dans le découpage que dans le choix des couleurs, Emile Bravo, met en place un récit d’aventures plein de finesse et d’esprit, truffant son scénario de clins d’œil à l’univers de Tintin, faisant notamment référence au journal “Le petit 20ème”.
On suit donc Spirou dans ses aventures, encore jeune, pas totalement sûr de lui, se faisant embobiner facilement, et dont la chance et l’insouciance vont l’amener à se retrouver, bien malgré lui,
au cœur de tractations concernant le sort de la Pologne. Pris dans la grande aventure de l’Histoire, Spirou va se démener comme un beau diable pour tenter d’apporter sa contribution au maintien
de la paix dans un passage épique et très drôle qui vaut à lui seul l’achat et la lecture de ce livre.
Mais en dehors de cet épisode cocasse, il y a mille raisons de ce réjouir de cette lecture aux vertus éducatives qui, en plus de nous faire passer une excellent moment, a le mérite de donner une
image presque décalée et pour ainsi dire nouvelle de Spirou qui en a connu de toutes sortes depuis la création du personnage par Rob-Vel, il y a… 70 ans.
Editions Dupuis
72 pages - 13 euros
En 2007, Glénat (déjà à l’origine de la publication des 6 volumes de "L’école emportée") publie "Baptism" une autre série majeure de cet auteur japonais.
Dans cette histoire en 4 tomes, on découvre l’histoire incroyable une actrice célèbre, obsédée par sa beauté qui voit sa carrière et sa vie brisée par une tache qui envahit peu à peu son visage. Mais, le plus terrifiant arrive quand cette dernière décide de transplanter son cerveau dans la tête de sa jeune et jeune et jolie fillette, finalement conçue et mise au monde à ces fins.
Tout comme "L’école emportée", "Baptism" se dévore plus qu’il ne se lit et devient très vite un objet de lecture assez captivant et terrifiant tant par le plan machiavélique mis en place par le femme/fille que par les thèmes abordés que sont l’éternelle jeunesse, la fascination et la dégradation du corps, la violence et la manipulation psychologique… autant de thèmes déjà croisés chez Osamu Tezuka dont Umezu peut-être d’ailleurs être considéré comme un contemporain.
Sans doute encore plus abouti que "L’école emportée", "Baptism" bénéficie en outre d’une fin extrêmement bien vue et qui a le mérite de surprendre le lecteur jusque dans les dernières pages.
On attend évidemment avec impatience de prochaines publications en France d’œuvres signés Kazuo Umezu dont on a pas fini de découvrir les talents.
Glénat - 4 tomes parus

Ce n’est plus un scoop, L’excellent Joseph Ghosn quitte les inrockuptibles. (aucune raison évoquée si ce n’est "l’envie de tourner la page".) Décidément c’est l’hécatombe dans ce journal qui a vu, ces derniers mois, partir ses meilleurs plumes. Manquerait pu que Richard Robert fasse lui aussi ses valises.
Joseph Ghosn qui avait, souvenons-nous déjà fait les beaux jours de Magic il y a une dizaine d’années laisse donc ses fervents lecteurs (dont je fais partie) orphelins. La rubrique BD qu’il tenait à bouts de bras risque d’en pâtir.. à suivre. Et tous ces disques qu’il était (sans doute) le seul à écouter et à chroniquer vont me manquer.
Pour les accros, on peut retrouver Joseph Ghosn sur son blog http://www.josephghosn.com
Du côté de Toulouse aujourd’hui, Etienne un détective privé, qui vit de petites filatures gagne un beau jour au loto. Il en fait part à son meilleur ami lors d’un dîner et c’est là que les problèmes vont commencer. Distrait au possible, ce dernier va à partir de ce moment là être alors victime d’incidents étranges, de situations absurdes…
En s’associant avec Jean-Claude Denis, l’incontournable duo Dupuy et Berbérian ne prenait finalement pas trop de risque tant l’univers JC Denis
se rapproche à bien des égards du leur. On retrouve donc bien ici l’ambiance de douce mélancolie si chère à JC Denis, avec ces personnages aux caractères gentiment dépressifs, ce
quotidien à la fois banal et extraordinaire que l’on a déjà pu apprécier par le passé dans les livres de JC Denis mais également dans le petit monde de “Monsieur Jean”.
Dans “Un peu avant la fortune” Les auteurs mettent ainsi sur pied une histoire basée sur les hasards et les coïncidences de la vie, en développant l’idée qu’un homme qui se retrouve virtuellement
à la tête d’une grosse somme d’argent va quelque peu perturber sa vie et modifier son comportement et sa relation aux autres.
Résultat : on a un récit agréable avec une intrigue sympathique (ne louper pas la pirouette finale) mais dans lequel on bien du mal à retrouver l’entrain et le dynamisme que l’on a pu apprécier par le passé chez les uns et les autres. Reste le style graphique de Dupuy et Berbérian qui se renouvèle quelque peu ici, avec une nouvelle ligne, des couleurs très douces, très chaleureuses. Trop peu pour faire de cette rencontre au somment une vraie réussite.
80 pages - 15 euros - parution : 23/01/2008
http://airelibre.dupuis.com

A l’image de Florence Cestac il y a quelques mois pour les éditions Futuropolis, Serge Clerc s’est emparé de l’histoire du journal Métal hurlant pour en faire un livre en bande dessinée. Une manière pour les anciens de verser une petite larme et pour les plus jeunes (comme moi) de découvrir qui tenait les manette de cet étrange vaisseau spatial. On apprend ainsi que c’est Jean-Pierre Dionnet, grand fan de cinéma et notamment de science-fiction qui en compagnie de quelques dessinateurs (Moebius, Tardi, Druillet…) va donner naissance à un des plus importants journaux de culture underground des années 70/80. Une revue qui parlait de BD, de science-fiction, de polars, de rock, de cinéma.
A cette occasion l’émission "minuit / dix "de Laurent Goumarre recevait à occasion de la sortie du livre de Serge Clerc et l'incontournable Jean-Pierre Dionnet pour parler du bon vieux temps.
Pour écouter l'émission c'est ici


