LECTURES

Samedi 14 novembre 2009
Une nuit, Dans un petit village montagnard isolé, sans précisons d’époque ni de lieu, on "réquisitionne" une très jeune institutrice afin qu’elle vienne garder un prisonnier qui se fait appeler "papa" et qui vient d’être arrêté par les gens du village . Qui est –il ? qu’a t-il fait ? Ni l’institutrice ni le lecteur ne le sait.
Au cours des quelques 140 pages qui constituent ce récit on va assister au huis-clos étouffant et intime à la fois entre cette jeune femme déjà usée et cet homme mystérieux.
Dans un style sec, nerveux fait de aux phases courtes et sans chapitre, Anne Plantagenet raconte, d’une traite, le récit de cette nuit, de cette rencontre entre deux êtres que tout sépare en apparence, mais qui au fil des heures vont se trouver des points communs : d’un coté cette jeune femme seule délaissé par son amoureux parti pour une autre et qui noie son chagrin dans l’alcool et de l’autre cet homme captif, en mauvais état, malade et fatigué qui va finir par émouvoir sa gardienne.
De cette rencontre inattendue entre deux êtres seuls et meurtris, Anne Plantagenet tire un livre court, assez captivant mais qui semble au final peut-être inachevé, par manque de ressort dramatique et d’épaisseur pour une historie qui nous laisse presque sur notre faim. Dommage.

[7/10]
Le prisonnier
de Anne Plantagenet
Editeur : Stock
Publication : 19/08/2009
Prix : 14.50€
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Jeudi 15 octobre 2009
Avec Etienne Davodeau, Pascal Rabaté est, sans aucun doute, actuellement, l’auteur de bande dessinée français le plus doué pour nous raconter des histoires de gens ordinaires, aussi banales que touchantes comme il a prouvé par le passé avec "Les Petits Ruisseaux". Avec "Le Petit Rien tout neuf avec un ventre jaune", il nous raconte, cette fois-ic, la vie pas gaie du tout d’un personnage mélancolique, tenancier d’un magasin de farces et attrapes.
 
Patrick vend des langues de belle-mère et des crottes en plastique mais n’a plus vraiment le cœur à rire depuis qu’il vit tout seul, abandonné par sa femme. Malgré la présence et l’amitié de son voisin Hamed, Patrick végète et déprime dur derrière son comptoir jusqu’à ce qu’il fasse la connaissance d’une jeune femme acrobate dont le crique est de passage dans sa ville.

Avec sa science de l’observation des comportements humains, son sens du récit et la justesse de ton qui le caractérise ses livres, Pascal Rabaté signe là une œuvre pleine de sensibilité, de poésie mais aussi de fantaisie qui, pour ma part, me fait beaucoup penser aux films de Manuel Poirier (A la campagne, Western, La maison…) dont les personnages touchent surtout par leur grande sincérité et leur simplicité.
Avec son art de la mise en scène, Rabaté est également très doué pour décrire les moments d’intimité, comme dans cette scène très belle et débordante de tendresse où Patrick et Clarisse s’unissent pour la première fois. Une des plus touchantes scène d’amour vue en BD depuis bien longtemps.

[8/10]
Le Petit rien tout neuf avec un ventre jaune
scénario & dessin : Pascal Rabaté
Couleurs : Isabelle Merlet
Editeur : Futuropolis
104 pages - 18€
Parution : août 2009

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Jeudi 8 octobre 2009
Après nous avoir raconté, avec une bonne dose d’humour, la vie en entreprise ("Open space" 1 et 2) puis le salon du "Livre sur la place" à Nancy pour l’ excellent Potager moderne (La revue "Patate douce"), James revient cette fois en compagnie de Sylvain Ricard pour un sujet plus grave, le problème de la violence conjugale.

Alerté par la lecture d'un rapport publié par Amnesty International en 2006, Sylvain Ricard décide de s’attaquer à ce délicat sujet, encore assez tabou dans notre société.
Plutôt que de nous servir un récit démonstratif ou spectaculaire, les deux auteurs mettent en place un dispositif mettant en scène un couple assis sur le canapé, évoquant chacun à leur tour leur tour, comme une confession intime, leur rapport à l’autre, leur vison de la relation conjugale ou les souvenirs qui leur viennent à l'esprit à ce sujet.
Ils se sont connus étudiants, elle était follement amoureuse de lui, puis ils se sont mariés. Désormais, lui gagne bien sa vie dans vie dans une entreprise. Du coup, elle reste au foyer pour être aux petits soins avec son mari. Mais au  fil du temps, les relations se dégradent jusqu’à ce que survienne la première gifle…

Dans un huis-clos sans pathos, parfaitement maîtrisé, on suit le récit de la vie de ce couple (presque) ordinaire, nous racontant sans faux-semblant, la dégradation des relations et la lente descente aux enfers pour l’épouse victime de sévices répétés, de harcèlement moral, le tout noyés dans la banalité du quotidien de gens respectables et socialement établis.
Au-delà de la relation de couple, les auteurs décrivent également bien la solitude dans laquelle se retrouve l’être meurtri, ne bénéficiant, dans ces cas là, que de peu de soutien de l’entourage familial et finissant même parfois par retourner le sentiment de culpabilité contre elle.
Le dessin tout en douceur de James, les situations posées, le récit lucide, les explications d’une grande précision et pleines de sincérité créent une distance juste et nécessaire et rendent ce livre passionnant de bout en bout.

[8.5/10]
...à la folie
Scénario : Sylvain Ricard
Dessin : James
Editeur : Futuropolis
144 pages  - 20€
Parution : septembre 2009

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Lundi 28 septembre 2009


Avec ce titre en clin d’œil au "Baise-moi" de Virginie Despentes, Aurelia Aurita, l’auteur du désormais célèbre "Fraise et chocolat" revient sur les semaines et les mois qui ont suivi la parution de sa BD à succès et sur les petits changements qu’à pu engendrer ce phénomène médiatique, sur sa vie quotidienne et sur sa façon d'appréhender ce début de célébrité.
Elle nous raconte notamment comment elle a du, d’ailleurs plus ou moins de bon cœur, assurer la promotion du livre, obligée d’aller de plateaux télé en interview à une table de bistrot afin de répondre toujours aux mêmes questions dont la sempiternelle: Que signifie "Fraise et chocolat" ?

Dans ce livre, drôle, parfois touchant et qui égratigne même un peu certaines pratiques journalistiques, Aurelia Aurita livre ses impressions, ses ressentis, ses émotions, ses angoisses face à une médiatisation aussi soudaine qu’inattendue et surtout face à une univers qu’elle ne connaît pas celui de la presse et des médias.
Avec le recul nécessaire à ce genre de livre, elle produit un récit distancié dans lequel on peut également voir et comprendre le rapport que peut entretenir un auteur face à ses lecteurs et les situations parfois désarmantes dans lesquelles celui-ci peut se retrouver, par exemple, au moment de dédicaces, lors d’un salon.
Sans prétention, avec beaucoup d'humour, un certain sens de l’observation et de l’analyse, "Buzz-moi" est un livre qui a, certes, un petit air de déjà vu mais qui se révèle être un délicieux moment de lecture.

[7.5/10]
Buzz-moi
de Aurélia Aurita
Les impressions nouvelles
Collection "For intérieur"
144 pages - 15 €
Parution août 2009
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Samedi 5 septembre 2009
Etienne Davodeau est devenu au fil des années un des auteurs de bande dessinée français incontournables dont on achète les livres presque les yeux fermés. Cette fois encore, avec "Rural", il nous montre combien la bande dessinée peut être un formidable support documentaire aussi fort qu’un film de Depardon ou qu’un reportage de Zoé Varier sur Farnce Inter.

Pour ce livre paru en 2001,  Etienne Davodeau est allé à la rencontre d’agriculteurs regroupés en GAEC (Groupement Agricole d’Exploitation en Commun) dans le Maine et Loire, syndiqués Confédération Paysanne et qui sont passé de l’agriculture traditionnelle au Bio.
Pendant un an, l'auteur de "Chute de vélo"  a suivi le quotidien de ces paysans qui depuis quelques mois doivent subir le passage d’une autoroute nouvellement construite : l’A87.

Préfacé par José Bové, "Rural !" est un livre touchant, plein d’humanisme où le dessinateur met son art au service d’idées et d’idéaux, retranscrivant parfaitement l’ambiance, les rites de la campagne mais également le témoignage des gens du pays, des politiques, des agriculteurs à propos de la construction de cette maudite autoroute.
Un oeuvre enrichissante, instructive qui préfigure déjà "Les mauvais gens", son meilleur livre à ce jour, paru en 2005.

[8.5/10]
Rural !
Scénario & dessin : Etienne Davodeau
Delcourt/coll. encrages - 2001

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Mardi 11 août 2009
La Bande dessinée la plus singulière  de l’année de l’année pourrait bien être "Brooklyn Dreams" de J. M. DeMatteis et Glenn Barr.

"Brooklyn Dreams" est une bande dessinée fleuve de près de 400 pages. Bien plus qu’un simple roman graphique, elle raconte l’histoire, le jeunesse d’un jeune américain aux origines juive et italienne dans le New-York des années 1970.
Bien qu’étant un récit autobiographique, "Brooklyn Dreams" n’a pourtant rien a voir avec tout ce qu’on a pu lire auparavant chez nos auteurs de comics préférés (Craig Thompton, Joe Matt, Chester Brown et compagnie).

Publié il y a déjà 15 ans aux USA, "Brooklyn Dreams" met en scène le personnage de Vincent Carl Santini qui nous raconte, au fil des pages, ce que fut sa jeunesse, entouré d’une mère juive hypocondriaque qui se gratte au sang dès qu’elle est contrariée et un père italien, macho, paranoïaque et aux réactions parfois surprenantes.
Loin d’être un récit linéaire, "Brooklyn Dreams" prend, dès les premières pages, une forme narrative très libre qui nous fait sauter d’une anecdote à l’autre sans jamais nous faire perdre le fil de l’histoire grâce au talent du scénariste J. M. DeMatteis, connu habituellement pour ses scénarios de BD de super héros. Côté graphisme là aussi ça part dans tous les sens. Sans suivre une ligne pré-définie, Glenn Barr joue des digressions narratives pour nous propose différents styles de dessins, tantôt secs et nerveux, tantôt doux et réaliste. Ce qui donne au final un livre aux allures presque psychédéliques et en tout cas d’une originalité peu commune.

Bref, voici une bande dessinée volumineuse, riche, souvent drôle et touchante qui ne ressemble à aucune autre et qui restera à coup sûr comme un des moments forts de l’année 2009.

[8.5/10]
Brooklyn Dreams
scénario : J.M. DeMatteis
dessin : Glenn Barr
editeur : Futuropolis
392 pages - 26€
Parution : août 2009

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Vendredi 17 juillet 2009
Avec "Un zoo en hiver", Jirô Taniguchi nous ramène aux récits d’essence intimiste qui l’on fait connaître en France avec des titres comme "Quartier lointain" ou "Le Journal de mon Père". Avec ce nouveau roman graphique (comme on dit aujourd’hui) il nous présente une oeuvre ouvertement biographique dans laquelle le japonais évoque, par l’entremise du personnage du jeune Hamaguchi, ses premiers pas dans l’univers du manga et son parcours d’assistant au sein d’un célèbre studio de Tokyo. Un passage initiatique qui sera marqué notamment par la rencontre avec une jeun malade dont le jeune Hamaguchi va tomber amoureux.

Un zoo en hiver renoue donc avec les thèmes chers à Taniguchi que sont les lieux, l’espace, la famille, les plaisirs simples du quotidien, l’ennui, le questionnement de soi, l’amitié… dans un récit où l’on suit avec intérêt le parcours de ce  garçon passionné de manga qui veut à tout prix accomplir son rêve, devenir mangaka, malgré la réticence de ses proches.
Comme souvent chez Taniguchi  le récit sonne juste et la mélancolie qui se dégage tout au long de ces pages rend cette histoire touchante, voire bouleversante sur sa fin.
Et au-delà de l’aspect sentimental, Un zoo en hiver nous montre ce que peut être le travail d'assistant mangaka au Japon et comment ce travail peut vite devenir aliénant.
Un Taniguchi du meilleur cru !

[8.5/10]

Un zoo en hiver
scénario & dessin : Jirô Taniguchi
Editeur : Casterman/coll. Ecritures
232 pages - 14€
parution : juin 2009

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Le Best Hop :


Cinéma :                         Bande dessinée :
A l'origine, De Xavier Giannoli    ...à la folie, de Sylvain Ricard & James
Musique :                       Musique :
Jason Edwards : Doldrums   Atlas Sound : Logos 

La playlist de novembre :



01. Atlas Sound W. Noah Lennox - Walkabout
(extrait de "Logos")
02. The Phenomenal Handclap Band : The Journey To Serra Da Estrela
(extrait de "The Phenomenal Handclap Band")
03. Devendra Banhart : Angelika
(extrait de " What Will We Be ")
04. Jason Edwards : Mystic Fandango
(extrait de "Doldrums")
05. Brian Harnetty & Bonnie Prince Billy : Some glad day
(extrait de "Silent City")
06. Kings Of Convenience : Mrs Cold
(extrait de "Declaration Of Dependence")
07. Richard Hawley : For Your Lover, Give Some Time
(extrait de "Truelove's gutter")
08. Beluga’s Hearing : Bobby Lane's Diary
(extrait de "Imaginary Landscapes")
09. Aufgang : Channel 7
(extrait de "Aufgang")
10. Sacha Toorop : L'amour est mort
(extrait de " Songs over troubled water : Carte blanche à Dominique A")

En ce moment :


LES DISQUES :
Devendra Banhart

"What Will We Be"
Turzi
"B"
Fuck Buttons
"Tarot Sport"
B R OAD WAY

"Gang Plank"
Atlas Sound

"Logos"
Benjamin Biolay

"La superbe"
Nick Cave & Warren Ellis
"White Lunar"

LES LIVRES :
Anne Plantagenet
"Le prisonnier"

Plus :
Ma sélection Netlabels
Ma sélection de Podcasts Radio

BILANS 2008 :
Mon année Cinéma
Mon année Musique
Mon année Bandes Dessinées
Mon année Télé
Mon année Séries
Les "Tops Albums" Presse & Webzines

TOPS ALBUMS 2002 > 2007 :
2002 - 2003 - 2006
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